
Le Fonds Haïtien pour la Biodiversité (FHB) s'engage activement dans la protection des mangroves haïtiennes. Dans cet article, des experts et anciens ministres témoignent de l'importance de ces écosystèmes et des menaces qui pèsent sur eux.
Les mangroves, un sujet d'intérêt général, de l'avis de l'ancien Ministre de l'environnement Abner Septembre. Il s'agit d'écosystèmes composés de palétuviers, d'arbres ou d'arbustes sempervirentes tolérants au sel, qui se trouvent dans les zones intertidales, à l'interface terre-mer, le long des côtes tropicales et subtropicales des lagunes d'eau peu profondes, des estuaires, des fleuves ou des deltas.
Elles fournissent des habitats, des lieux de reproduction et des zones d'alevinage pour les poissons, les crustacés et les mollusques, y compris ceux qui représentent une source importante de revenus pour les communautés côtières. Elles servent également d'habitat pour les oiseaux et autres animaux sauvages. Les feuilles mortes et autres débris qui proviennent des mangroves constituent la base alimentaire d'animaux comme les crabes, les palourdes, les huîtres, d'autres types de coquillages, ou encore les poissons osseux qui nourrissent, à leur tour, des millions de personnes.
La mangrove développe des mécanismes physiologiques remarquables pour survivre dans des milieux hostiles. Ses racines dites échasses plongent dans la mer pour s'amarrer à des substrats souvent vaseux, ou des racines dites aériennes permettant de respirer au sein d'une végétation dense.
L'ex-Ministre souligne que les mangroves sont aujourd'hui confrontées à une menace. Leur destruction progressive fragilise la biodiversité marine. Il faut mettre en place des mesures et des sanctions pour protéger ces habitats. Les textes existent déjà sur le papier mais ne sont pas appliqués sur le terrain, regrette-t-il.
L'expert en écologie Jean Vilmont Hilaire affirme que la végétation des mangroves constitue un habitat complexe, où de nombreuses espèces viennent se nourrir et se reproduire. Ces espaces sont vitaux pour l'être humain. Ils freinent l'érosion des côtes et constituent une source d'alimentation pour beaucoup.
Les mangroves contrôlent le taux de sel de leur milieu marin en relevant leurs feuilles ou par dilution de leur sève. Côté germination, elles étendent un embryon directement sur l'arbre. Lorsque la graine germée tombe dans la terre, elle s'enracine rapidement. Une fois dans l'eau, elle flotte jusqu'à ce que son poids la fasse couler et s'implanter.
Telle une nurserie, elles approvisionnent les espèces végétales et animales qui l'habitent, notamment les larves. La mangrove est un rempart contre les aléas. Avec ses racines et ses feuilles, elle constitue un refuge contre les prédateurs, un support pour les invertébrés, un frein contre l'érosion des côtes, un bouclier contre l'énergie des vagues et des vents. Elle peut même ralentir, voire empêcher un tsunami d'atteindre les côtes.
La mangrove est de plus en plus menacée. Elle recule face à l'urbanisation et la déforestation. Sa destruction par le fer, le feu et la salinisation est devenue une réalité quotidienne.
La solution passe par une politique de gestion durable impliquant les autorités étatiques, les communautés locales et tous les acteurs du secteur. Cela implique le contrôle effectif des activités de pêche et de chasse dans les aires protégées, la régulation de la coupe et du commerce du bois de mangrove, et l'application réelle des textes qui existent déjà. C'est dans cet espace, entre la loi et le terrain, que le FHB agit.