Notre pays fait face à de nombreux défis environnementaux. C'est un fait largement connu du public et une évidence pour chacun.
Cependant, en matière de biodiversité, nous disposons d’importants sites naturels qui constituent nos réserves écologiques. À titre d’exemple, on peut citer les aires protégées terrestres et marines. Elles ont été déclarées « protégées » par les autorités étatiques dans l’objectif de les conserver, d’en éviter la dégradation et d’attirer les touristes dans l’espoir de générer des fonds pour leur entretien. Certaines lois ont aussi été élaborées en vue d’empêcher leur destruction. Ce sont des décisions louables qui visent à préserver le patrimoine naturel du pays et à le mettre en valeur. Malheureusement, dans les faits, elles tardent encore à entrer en application.
Malgré les différentes mesures prises — lois, décrets, conventions, protocoles d’accord, entre autres — les richesses naturelles sont encore loin d’être protégées. Elles reçoivent le même traitement que le reste de notre environnement. Pourtant, la préservation de notre diversité biologique et de nos écosystèmes n’est pas seulement importante : c’est une urgence nationale dans la mesure où notre survie en dépend.
Chaque arbre, chaque animal et chaque espèce vivante évoluant dans la nature est d’une importance capitale. La corrélation qui existe entre ces espèces, dépendant les unes des autres pour survivre, est cruciale. Les détruire revient à fragmenter petit à petit leur milieu naturel. Les forêts, les rivières, les mers, ainsi que les éléments comme l'air et le climat sont de véritables sources de vie. Il est de notre devoir de les entretenir et de les protéger.L’environnement étant un bien commun, les autorités compétentes doivent protéger notre diversité biologique par des mesures concrètes pour le bien de tous. Nous constatons chaque jour les conséquences de l’insalubrité, de la pollution et du changement climatique.
Les pays comme Haïti paient les conséquences de la dégradation de l’environnement mondial et ont pour défi de protéger leur propre biodiversité. Ainsi, le choléra — maladie réintroduite en Haïti il y a quelques années — résulte d’une mauvaise gestion de certaines formes de pollution. Une telle épidémie peut menacer la population entière. Protéger la biodiversité, c’est nous protéger et protéger les autres.
La principale excuse à la négligence des responsables, voire à leur désintérêt, est le manque de moyens. N’est-ce pas un piètre alibi sachant que ces sites peuvent, grâce au secteur touristique, générer suffisamment de revenus pour autofinancer leur prise en charge ? À défaut de touristes internationaux, ils pourraient être entretenus et mis à la disposition des touristes locaux.
Le parc national La Visite situé dans le Sud du pays et le parc naturel des Trois Baies dans le Nord-Est, entre autres, auraient pu devenir des espaces d’attraction et d’apprentissage pour les écoliers et les étudiants. Il en va de même pour l'ensemble des aires protégées du pays.
Les bénéfices que pourraient en tirer les paysans, les autres secteurs de la vie nationale et l’État haïtien auraient été considérables s’il y avait une meilleure organisation et une gestion plus rigoureuse de la diversité biologique.Fort de ce constat, le Fonds Haïtien pour la Biodiversité (FHB) poursuit avec détermination sa mission de préservation et de conservation. Son objectif est de financer, de façon durable, toute activité de conservation de la biodiversité et de développement durable en Haïti, au bénéfice de la communauté. Le FHB ouvre ainsi deux fenêtres de financement : l’une pour la biodiversité et l’autre pour l’adaptation et la résilience au changement climatique.
